Aujourd’hui, j’ai croisé… Fred

Aujourd’hui, j’ai croisé… Fred

Parce que Genève peut être BIG grâce à certaines personnalités hautes en couleur et originales, nous avons décidé de vous en présenter quelques unes pendant cet été!

Aujourd’hui j’ai croisé… Fred
Impossible de passer aux puces sans le remarquer: iroquois rouge sprayé d’un insigne radioactif noir de chaque côté (aujourd’hui, car la couleur varie au gré de ses envies) et kilt sur bottes pour finir les présentations “visuelles”.
Parce que si vous vous arrêtez à ça et que vous passez votre chemin (moi ça m’a plutôt invité à faire connaissance…) vous allez rater le meilleur de Fred: drôle, sympathique avec des yeux clairs plein de lumière, il est très sociable et surtout très touchant.
Ma “courte” interview s’est prolongée en un après-midi de rires à ses côtés avec des amis, des connaissances et des clients qui passent et au final je n’avais plus envie de partir!

Mais comment es-tu devenu pucier?
D’abord j’ai squatté au Malandrin à Plan-les-Ouates, Il y avait un bar et un dépôt-vente qui m’a donné le goût de la brocante et à 18 ans j’ai décidé de faire les puces. Je n’avais pas grand chose à vendre, trois babioles qui se courent après, mais j’ai commencé tout de suite avec mon propre stand.

Mais tu arrivais à vendre quelque chose, tu n’y connaissais pas grand chose à ce moment non?
Les puciers alentours m’ont aidé, ils m’ont donné de la marchandise à vendre et des conseils aussi. Petit à petit le métier est entré, je me suis fourni dans les “débarras” de la ville (il y a quelques années, une fois par mois chaque quartier avait un jour de débarras d’objets encombrants) et les ventes ont décollé. Après il faut apprendre à rechercher les prix des objets sur Internet et suivre les tarifs qui varient beaucoup. Depuis 3-4 ans on sent bien la crise aux puces aussi, c’est plus dur de vendre.

Fred aime restaurer les vieux objets: “je transforme le temps en amour“, c’est joliment dit!
Ce qu’il lui plaît aussi c’est le côté social de son métier:
Je dis bonjour aux passants, même ceux que je ne connais pas, pas besoin qu’ils soient des clients. Et un jour une dame est venue me dire que j’étais comme un rayon de soleil matinal et elle m’a remercié de ces salutations si agréables. Les puces c’est un peu une grande famille constituée de plusieurs petits groupes, les clients reviennent parfois dix ans après pour me parler de la table et des chaises qu’ils m’ont achetées et qu’ils utilisent toujours dans leur salle à manger. Une autre fois, une cliente âgée décède, mais sa fille retrouve ma carte de visite en premier de la pile et m’appelle pour venir vider l’appartement. D’ailleurs c’est sans doute ce qu’il y a de plus émouvant : la ville nous appelle souvent pour des cas particuliers, parfois après un suicide ou des personnes seules sans succession et on se retrouve dans ses appartements chargés de la vie de cette personne qui vient de partir ou presque. Comme chez ce peintre tapissier dont la cuisine servait uniquement d’atelier, pas une casserole, pas un ustensile.

Voilà un peu de Fred pour vous, si vous voulez en savoir plus, trouver un objet nécessaire à votre intérieur ou essayer de regarder sous son kilt… ^_^ passez-le voir à Plainpalais!

Voici quelques uns des endroits où vous avez une chance de le trouver à Genève:
Marché aux Puces
L’Elephant dans la canette
Le Kraken
La Ferblanterie

Photographie © Nathalie Mastail-Hirosawa

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