Le Japon à Paris

Le Japon à Paris

Parce qu’après les ténèbres arrive la lumière, dit la devise de Genève, je me devais justement de vous parler un peu de la ville Lumière, Paris, sous un angle plus festif que les informations actuelles.
La ville des amoureux, quand on est aussi passionné de l’empire du soleil levant, c’est une occasion de se croire un instant au Japon, avec un trajet plus court et plus économique.

Dans le quartier de l’Opéra Garnier, rue Sainte Anne plus exactement, foisonnent les restaurants japonais, coréens et chinois. De petites boutiques artisanales, des supermarchés asiatiques et, si vous poussez jusqu’à la rue Saint Antoine, vous trouverez même un Book Off, librairie deuxième main de livres, magasines, cd, dvd… en japonais! J’y achète des manuels d’étude de la langue et des livres pour enfants en espérant pouvoir un jour les décrypter.

Mais, pour ne rien vous cacher, le but premier de mon voyage est de me remplir la panse chez Happa Teï, un pittoresque petit restaurant spécialisé dans les takoyakis et okonomyakis, plats typiques de la ville d’Osaka (prononcer Oozaka).
Le takoyaki est une farce que vous faites revenir (yaki pour “grillé”) sur une plaque avec des encoches en forme de demi-cercles. La pâte est moulée en forme de boule, avec un morceau de poulpe (tako) caché à l’intérieur pour votre délectation. Vous le mangez décoré de sauce miso, mayonnaise, curry…à choix. Attention: c’est très chaud!
La carte du restaurant est variée et vous pouvez opter pour divers entrées et accompagnements: dés de concombre au sésame et piment (mes préférés), edamame, noix de Saint-Jacques sautées, crevettes panées, tomates à la ciboulette, avocat à déguster avec wasabi et sauce soja…
Au dessert, après une deuxième tournée de takoyaki, de la glace au thé vert, saupoudrée de macha (poudre de thé), un délice légèrement moins sucré que nos glaces, ce qui vous permet de mieux l’apprécier.
Je pourrais faire des allers-retours à Paris rien que pour cet endroit!

Comme j’ai eu la chance d’être bien renseignée (merci Jennifer), j’ai profité de cette brève escale pour visiter la double exposition que propose le Petit Palais: Kunyoshi démon de l’estampe et l’estampe visionnaire de Goya à Redon. Sur le thème du fantastique, deux visions différentes se rejoignent.
Un riche éventail de l’oeuvre de Kunyoshi est présenté, les très connues vues du mont Fuji, des courtisanes et des acteurs de kabuki, des scènes historiques de l’histoire japonaise, mais aussi des démons et des animaux, stratagème pour contourner la censure de l’époque et représenter des personnages interdits, en moquer d’autres.
De ce monde aux couleurs vives vous passerez à une vision plus sombre, mais tout aussi esthétique, en noir et blanc, comme cette gravure du Piranese, offerte à votre regard dans la deuxième partie de l’exposition, un véritable bijou.
Le monde de Redon peuplé de petits êtres étranges et touchants. Dürer, Doré, Delacroix…tous vous y attendent jusqu’au 17 janvier 2016.

Photographies © Nathalie Mastail-Hirosawa

Happa Teï
Rue Saint Anne 64, 72002 Paris
Lun à sam 12h-15h; 19h-22h30

Le Petit Palais
Avenue Winston Churchill, 75008 Paris
Fantastique Kuniyoshi le démon de l’estampe
Jusqu’au 17 janvier 2016
L’estampe visionnaire de Goya à Redon
Jusqu’au 17 janvier 2016

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