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En immersion dans le Butô

J’ai testé pour vous une semaine d’immersion dans l’univers de Sankai Juku. Mais tout d’abord, le Butô kesako?
Plongeons dans le Japon de la fin des années 50: le pays se relève de la deuxième guerre mondiale. A Tokyo, dans le milieu alternatif on découvre Jean Genet, Antonin Artaud, Georges Bataille… dont les livres viennent d’être traduits. Tatsumi Hijikata, un danseur, rêve d’une nouvelle forme de danse, émancipée des standards européens classiques ou de la tradition du Nô et du Kabuki nippons. Avec Kazuo Ōno, et chacun avec un style propre, ils créent une nouvelle forme d’expression.
Le butô vous emmenera vers l’exploration de vos propres tréfonds, en résonnance avec l’espace et les esprits qui nous entourent (Hijikata a grandit en campagne, entouré de rites chamaniques). Qu’est-ce que notre corps, une fois coupé de son intention intellectuelle, va bien vouloir nous raconter?

En 1975, Ushio Amagatsu fonde Sankai Juku, compagnie de butô qui va s’exporter et jouir d’un très bon accueil au niveau international dès les années 80. Après plusieurs créations, dont le très intéressant Kinkan Shonen, voici Tobari au BFM. Avec ce spectacle, Amagatsu nous emmène dans le ciel: le décor est fait d’un rideau percé d’étoiles, les danseurs, vêtus de costumes magnifiques, sorte de longues jupes, nous emportent dans une rêverie éveillée. Il est difficile de vous décrire ce spectacle, allez le voir, le ressentir. Ce qui est convoyé là ne passe pas par les mots, mais par les émotions touchées en chacun de nous.
Le lendemain de la représentation, nous retrouvons Amagatsu autour d’un brunch en petit comité. Là encore il évoque cet état de « non-refléxion » comme celui à adopter pour la perfomance et nous fait rire quand on lui demande quelle préparation effectue la troupe avant le spectacle: « non, non, on ne fait pas de méditation! ». C’est plutôt du stretching et de la gymnastique, sans parler de plus d’une heure de maquillage pour farder les corps de blancs ! Les danseurs participent aussi à la création des décors.
Il nous fait rire encore quand on lui demande s’il pense être une influence pour les jeunes danseurs: « c’est à eux de répondre à cette question, moi je m’occupe de mes créations, chacun son rôle…. »

Grâce à l’ADC, le voyage se prolonge par un workshop sur trois après-midi au Grütli. Nous sommes plus de vingt participants. Semimaru, danseur de la première heure aux côtés d’Amagetsu, nous transmet quelques rudiments avec une douceur et une simplicité très touchantes : des exercices d’abord, puis des enchaînements. Deux autres danseurs de Sankai Juku nous accompagnent pour mieux saisir les gestes à interpréter. Grâce à eux, nous finissons le stage par une petite création de 10 minutes par groupe de sept/huit devant les autres participants et par un selfie mémorable avec Semimaru couché devant nous ! Chaque été vous pouvez participer à workshop d’une semaine au Japon avec lui si l’expérience vous tente.

Trois jours c’est bien trop court et on en redemande encore! (message subliminal pour l’ADC…)
Si le butô vous intéresse, des sessions existent à Genève aussi. Vous pouvez me contacter directement pour plus d’infos.

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