Curtis Talwst Santiago

Curtis Talwst Santiago

Ce n’est pas le premier, et sans doute pas le dernier, article en lien avec la Galerie Analix à Genève sur My Big Geneva. Les artistes qui y sont exposés ont une dimension bien particulière, celle du coeur. Curtis Talwst (parce que tall waist, surnom familial qui décrit la longueur de jambes caractéristique des Santiago de grand-père en petit-fils) et ses sanctuaires, exposés jusqu’à mi février, fait partie des artistes engagés, ceux qui vous remuent profondément. Grâce à Barbara Polla, rencontre de Curtis autour d’une table au Remor.

History Box Office

Pour une première présentation de son travail en Europe, les miniatures présentées sont comme autant d’histoires qui font vibrer vos émotions par le biais de vos yeux. Vous devrez vous approchez (plus près ne soyez pas si timides), car la taille des œuvres vous invite au tête à tête intime. Rencontre nez à nez, confronté avec l’œuvre et ce qu’elle réveillera en vous. L’une d’elle, mise en scène de brutalité policière sur fond de drapeau américain, le cheval de Guernica en guise de victime au volant d’une voiture, me parle particulièrement. Comme une forte résonance avec le documentaire de Raoul Peck sur James Baldwin, “I’m not your Negro” présentée lors du dernier Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) à Genève.

“Je fais de l’art parce que j’en ai besoin, mais aussi pour que les histoires racontées ne soient oubliées ou mises de côté”. Les boîtes de Talwst sont comme des petites boîtes à bijoux. Les perles qui s’y cachent parlent de notre (in-)humanité : thèmes historiques, soumission de classe, de sexe ou de race, condition des réfugiés…

Dans ses multiples vies, Curtis était musicien, chanteur dans un groupe…, mais il y a 6 ans, il décide de se consacrer à l’art visuel uniquement. Les débuts sont durs, sans reconnaissance, un véritable challenge. Mais sa voie est tracée, depuis que jeune déjà, Talwst rencontre le travail de Jean-Michel Basquiat. Le lien fort ressenti se confirme par la suite au travers de plusieurs instants, comme un chemin parsemé d’étoiles. Petit à petit, les musées s’intéressent à son travail, car les histoires qu’il raconte touchent juste. Et on lui demande une performance en ouverture d’une exposition sur Basquiat. Un soir il dîne aux côtés de Suzanne Mallouk, ex-compagne de l’artiste. Curtis lui montre la pièce nommée “Sad Boy”, elle pleure en lui expliquant que c’est exactement ainsi que se sentait Jean-Michel. Quatre mois plus tôt, Talwst se trouve devant un tableau du peintre et invoque son aide, son soutien… Ce genre de moments et la rencontre de proches de Basquiat, sont autant de validation de cette connexion. Les peintures de Talwst s’imprègnent de cet art pour mieux s’en affranchir et trouver sa propre voie ensuite.

Comme il est difficile de dire non à Barbara, après toutes ces années sans chanter en public, cerise sur le gâteau, nous avons eu droit à quelques instants suspendus dans le temps au Remor…

Photographie © theNMH
History Box Office
Exposition jusqu’au 14 février 2018
Galerie Analix Forever
Rue de Hesse 2, 1205 Genève
Mar à ven 14h à 19h & sur rendez-vous
+41223291709

By MBG — 17 Nov '17

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