Merci M. Stéphane Goël

Merci M. Stéphane Goël

Cher Stéphane Goël,
Ce mercredi 20 janvier, je l’ai d’abord passé en compagnie de la voix de Guillaume Gallienne et de la poésie de Baudelaire, Apollinaire, Eluard et Aragon; avant de m’émerveiller devant les oeuvres – “sculptures à la main de pierres précieuses” – jamais signées, de Suzanne Belperron. Pourtant, au sein de la Librairie Bernard Letu, fragment de mon paradis terrestre, je pensais déjà à votre film que j’allais découvrir le soir-même. J’attendais… impatiente.

J’attendais une réponse voyez-vous. Car cela fait plus de cinq ans que je me demande où mon Frère se trouve… J’attendais de vos personnages en noir et blanc LA réponse, celle qui pourrait vaincre une fois pour toute, mes craintes du néant, du “rien” et confirmer l’espoir que j’entretiens de le revoir un jour, d’un “tout” uni dans l’au-delà.
Je me suis aussi préparée au pire: que ses habitants vieillissants face à votre caméra me révèlent une vérité que je ne suis pas capable d’accepter et me persuadent qu’il en est ainsi et pas autrement. J’ai eu très peur. J’ai même pensé un instant ne pouvoir aller à la rencontre de ce que vous appeler un “film modeste”.

Mais dès les premières images en couleurs, j’ai gravi, pas à pas, les sentiers des Préalpes fribourgeoises, juste derrière vous et votre père. A chacune de vos haltes, quelques fragments de l’humanité, de sa diversité, de sa drôlerie, de sa tendresse… Je ne m’attendais pas à rire, parfois jusqu’aux larmes.

Et à l’arrivée, dans le vallon des Morteys, au pied d’une souche de sapin, face au Vanil noir, aucune réponse. Pas même celle de Confucius citée par l’une des personnes interviewées: “nous avons deux vies, et la seconde commence lorsque nous comprenons que nous n’en n’avons qu’une”. Aucune réponse et une seule conviction: je vis.

On a toujours quelque chose de plus à apprendre. On est toujours à l’aube de sa vie jusqu’à ce qu’on meurt.” A travers votre film, j’ai appris un peu plus de cette vie, à laquelle certains s’accrochent et d’autres attendent qu’elle finisse. L’indifférence n’a pas sa place dans votre oeuvre. Et je vous en remercie infiniment.

Fragments du paradis de Stéphane Goël
Projeté au Cinéma Les Scalas en janvier 2016
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