Patti Smith pour Antigel

Patti Smith pour Antigel

Grâce au festival Antigel, j’ai eu la chance d’assister au concert de Patti Smith à l’Alhambra de Genève. Accompagnée de son fils, Jackson Smith, à la guitare, elle nous accueille pour une séance intimiste d’une heure et demie, mélange de lectures, musique, échanges. Nous allons rire ensemble, vibrer et pleurer d’émotions.
C’est ma première occasion de la voir live. Abreuvée de sa musique depuis l’album Easter, qui restera à jamais dans mes playlists, redécouverte récemment par la lecture de Just Kids, plongée dans le monde de New York à la fin des années 60, Mapplethorpe, le Chelsea Hotel, Burroughs, Allen Ginsberg… Elle profite de cette soirée pour nous inciter à en retrouver l’esprit: “En 1967, quand je suis arrivée à New York, il y a 50 ans, c’était l’été de l’amour. Malgré toutes les choses extrêmement stressantes et terribles et difficiles dans notre monde, cette année c’est quand même l’anniversaire de ces grands espoirs – ma génération – nous avions de grands espoirs que la révolution et la musique et la poésie et l’activisme et l’amour pourraient changer le monde : pourquoi ne pas ramener cette idée pour 2017!”*
Le ton est donné: engagement, écologie et respect de notre mère planète, amour les uns pour les autres et désobéissance civique parce que c’est nécessaire. La grande dame est drôle, rappelle à son fils qu’elle est celle qui a changé ses couches et nous dit en aparté qu’être mère ne serait pas aussi intéressant sans un peu de comédie. L’espace d’une soirée, nous sommes dans le salon des Smith.
Des morceaux entrecoupent les lectures, elle parcoure les années pour nous amener vers son dernier livre, MTrain. L’inspirante grande dame garde un coeur d’enfant émerveillé, malgré les coups durs de la vie et les années qui passent, car elle a déjà 70 ans: “je suis si vieille** nous dit-elle. Pas un instant je ne remarque son âge, sa voix est limpide, profonde, tour à tour douce ou puissante, la magie de son aura enveloppe les lieux et nous traverse d’émotions. En 2016 nous dit-elle, nous avons perdu de grands artistes, Bowie, George Michael… en forme d’hommage à Prince, elle entame une reprise de When doves cry. Des frissons me traversent, ma voisine pleure. Quelle intensité!
La soirée passe trop vite, nous aimerions la garder avec nous pour la nuit. Elle fait lever le public qui s’avance vers la scène pour finir en cœur avec People have the power hommage à son mari décédé trop tôt Fred “Sonic” Smith, ancien guitariste des cultissimes MC5.
Deuxième concert ce soir à l’Alhambra et encore 7 jours de festival Antigel pour vous, enfants gâtés de Genève et des environs!

*”In 1967 when I came to NY, it was the summer of love. 50 years ago. With all of the extremely stressfull and terrible and challenging things in our world, it is still this year the anniversary of such great hopes, my generation we had such great hopes that revolution and music and poetry and activism and love could change the world: so why not bring back that idea for 2017!”
**”I’m so old!”

Visuel & vidéo  © Nathalie Mastail-Hirosawa (alias Thenmh iGersGeneva)

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