Joëlle Cabanne

Joëlle Cabanne

Joëlle Cabanne est une femme d’obsession. Architecte d’intérieur et artiste passionnée, elle entrevoit le monde en termes de plans, coupes et découpes. Photographie, dessin, peinture, elle multiplie à l’envi l’horizon qui, inlassablement, hante son travail depuis des années. La ligne, la voici sa véritable obsession. Pourtant, son parcours quant à lui, est beaucoup plus ondoyant. Après l’obtention d’une maturité en arts visuels, elle s’intéresse à l’histoire de l’art, le cinéma, ainsi qu’au grec moderne qu’elle étudie à l’université de Genève et de Lausanne. Un bachelor plus tard, elle suivra finalement les traces de son père en intégrant l’EPFL, en architecture. Pas assez subtil. Elle aime l’architecture oui, mais d’intérieur! Et le design aussi. Retour donc à Genève, où elle sera finalement admise à la HEAD en architecture d’intérieur. Un diplôme de plus en poche, elle travaillera ensuite dans divers bureaux d’architectes.

Aujourd’hui, Joëlle Cabanne enseigne au CFPA (Centre de Formation Professionnelle Arts) et a inauguré depuis peu un bureau d’architecte en France, avec son mari rencontré à la HEAD alors qu’elle était étudiante. Elle possède aussi son atelier, situé dans le plus ancien bâtiment industriel de Saint-Jean, qui n’est autre que l’ex-galerie Attitude. Là-bas, Joëlle compose des paysages irréels à partir de panoramas qu’elle photographie. Après impression en laboratoire, elle découpe les strates, les classe par couleur, puis recrée de nouveaux environnements par juxtaposition. Un processus qui lui offre la liberté, d’un coup de ciseau impertinent, de pouvoir couper la tête à notre traditionnel Cervin afin de recréer une montagne imaginaire (peut-être ne l’a-t-il pas volé d’ailleurs, je commençais à le trouver un peu solennel celui-là). Des œuvres exemptes de figure humaine, qui invitent l’oeil de l’observateur à analyser, mais aussi l’esprit du contemplatif à voyager. Certains de ses paysages inspirent, d’autres oppressent.

Un de ses projets phare se nomme Petit ermitage. Il s’agit d’une série de cadres reprenant une seule et même photo en noir et blanc. Un cabanon perché sur une butte, photographié en 2005 lors de vacances en Grèce. Chaque tableau décline le ciel en empruntant divers bleus tirés du nuancier Pantone. Ainsi, reprenant la loi du contraste simultané, l’œil confère à la photo une profondeur différente en fonction du bleu qui lui est attribué. Il s’agit là d’un phénomène optique lié à notre perception des couleurs.

Je vous invite à venir découvrir le travail de cette artiste, exposée actuellement au Bal des Créateurs, jusqu’à la fin du mois d’avril. Un coup de cœur.

Rue de l’Arquebuse 25, 1204 Genève
Mar, mer, ven 10h-19h; jeu 11h-21h; sam 9h-18h
+41223200095

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