Kaori Ito

Kaori Ito

La voir sur scène est comme un enchantement, comme si une chamane vous emportait loin dans un voyage aux tréfonds de votre propre inconscient, de lieux enfouis dont vous n’aviez même plus le souvenir, avec lesquels vous aviez perdu contact.
Je la rencontre ensuite autour d’un verre et c’est encore plus puissant: présence, force, charme, énergie, intelligence et talent concentrés dans une petite femme volontaire qui voyage entre les continents, les villes et multiplie les collaborations avec des artistes et créateurs variés mais toujours de qualité: Philippe Découflé, Angelin Preljocaj James Thiérée, Sidi Larbi Cherkaoui, Aurélien Bory…

Ce jour-là elle nous parle de beaucoup d’activités: le ballet junior pour qui elle chorégraphie “Sixième corps” que vous pouvez voir cette semaine à la Salle des Eaux-Vives du 6 au 8 mars. Vous connaissiez déjà la danseuse, la chorégraphe, ou alors dépêchez-vous d’attraper une des dernières rares places pour la voir dans Asobi à l’Octogone de Pully le 24 avril. A moins que vous ne préfériez faire un tour par Fribourg en mai pour l’applaudir à la fête de la danse?
Mais elle a encore bien d’autres cordes à son arc: enseigner afin de permettre à chacun de faire émerger sa propre essence, peindre, réaliser des vidéos. Elle a un projet plus scientifique de recherche avec un ami médecin, Joachim Son Forget, sur les mouvements de l’âme par radiographie interposée. Et en juin elle reviendra vous surprendre avec une exposition qu’elle montera conjointement avec son frère dans une galeries genevoises. Dispersée? Non, toujours juste et nous touchant en plein dans le…Plexus!

Cette fois-ci elle a souhaité vous parler plus particulièrement d’une création en cours d’élaboration et pour laquelle Kaori travaille avec son père.
“Je danse parce-que je me méfie des mots” est une création qui aborde le rapport père/fille. La destinée veut qu’un jour l’enfant parte vivre sa propre vie.
Ce spectacle offre l’occasion d’une rencontre avec son père, à la fois artistique et humaine, une façon de retisser ces liens perdus par l’éloignement. Le père de Kaori, Hiroshi Ito, est sculpteur diplômé des Beaux-Arts, son œuvre est exposée régulièrement en Asie et en Europe. Il a toujours conseillé Kaori dans son travail: “il ne faut pas que tu bouges dans l’espace, mais que ta danse fasse bouger l’espace”. Aujourd’hui il respecte le travail de Kaori et alors qu’il lui demandait de danser avec lui, dans la sphère privée, Kaori lui a répondu par une invitation à danser en public. Elle lui a aussi posé plus d’une centaine de questions. Ces interrogations diverses, de “pourquoi tu fumes” à des sujets bien plus personnels “qu’est-ce que tu veux dire avec tes sculptures?” et très intimes “est-ce que tu as souffert dans ta vie?”, sont autant d’attaches pour se rapprocher et finalement les amener par cette danse symbole à se ré-apprivoiser, à refaire connaissance au-delà des mots. Vous pourrez voir le résultat de cette évolution à deux cœurs en novembre à l’ADC.

Vous, je ne sais pas, mais moi je piaffe déjà totalement d’impatience!

Le qui lieu te ressemble?
New York et Genève.
Ta cantine officielle?
Chez des amis, y être invitée.
Chocolat noir ou au lait?
Chocolat blanc.
Ton objet fétiche?
L’être humain.
Ton livre de Robinson?
Un guide pour être sur cette île.
La Big chanson sur ta playlist?
Bach.
Le film culte que tu as vu plus de 259 fois?
Belà Tarr le réalisateur hongrois; la “Planète sauvage” un film d’animation des années 70′; le documentaire franco-suisse “Step accross the border”.
Le super-héros que tu aurais voulu incarner?
Sailor Moon.
Un site web dont tu es accro?
Le site de Stefan Merrill Block, écrivain américain dont le livre “the Story of forgetting” a été source d’inspiration pour “Island of no memories” de Kaori.
Ton danseur / chorégraphe préférés?
William Forsythe, Sylvie Guillem.
Jamais sans…
Moi-même.
Une Big destination que tu recommandes?
Fiji.
Ton Big secret?
Un secret n’en est plus un si on le dévoile. 

Photographie © Grégory Batardon

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