S’évader à Koufonissia

S’évader à Koufonissia

Où en sommes-nous de la série “il n’y a pas que Mykonos en Grèce”? Ah oui, l’épisode 4 fut tourné à Aigis Suites sur l’île de Kéa. Je pourrais, soit dit-en passant, remplacer Mykonos avec Anti-Paros, Paros ou Santorin. Mon parrain cependant avait l’habitude de dire: les îles grecques sont comme les doigts de la main. Elles sont toutes différentes. Il disait aussi, Dimitri, que l’industrie hôtelière de mon pays natal avait la fâcheuse tendance à voler les étoiles dans le ciel; il arrive donc de croiser un hôtel 7 ou 8 étoiles (un conseil, évitez ce genre d’établissement et contentez-vous de la contemplation des astres dans le firmament).

Pour ce 5ème épisode, direction Κουφονήσια – Koufonissia – une famille de trois îles. Le couple: Pano Koufonissi et Kato Koufonissi (Haute et Basse Koufonissi). En face, leur enfant: Kéros, superficie de 15km2 inhabité. Pour s’y rendre, 4h40 à bord d’un Highspeed de la flotte d’Hellenic Seaways, depuis le port du Pirée.
Dans mes valises, j’ai embarqué Delphine avec sa bouée flamant rose. Mon frère m’avait un jour conseillé d’y aller, je l’entends encore me dire “Emilie, cette île est un trésor”. J’ai attendu (trop) longtemps mais il n’est jamais trop tard, n’est-ce-pas?

L’arrivée à Pano Koufonissi vous coupe le souffle malgré le meltème, toujours aussi capricieux. La mer est turquoise, le sable blanc, des bateaux de pêcheurs à perte de vue permettent un point d’attache à vos yeux ébahis. Delphine sautille… Je suis bouche-bée.
M. Simou nous attend de pied ferme à peine avons-nous débarqué sur le port pittoresque pour nous mener à notre studio Skrini; son épouse est originaire de l’île. Il y a 10 ans, ils ont construit leur maison et depuis cinq ans, ils louent des appartements et des petites maisonettes au goût exquis du nom de Thalasso Koufonisia. L’accueil est digne de mon pays et l’hospitalité tout autant. Chaque soir, il nous apporte du Rakomelo fait maison – boisson digestive des habitants des “Petites Clyclades” dont Koufonissia fait partie – à base de raki, de miel et d’une multitude d’autres ingrédients comme le clou de girofle. Chaque insulaire possède ses propres secrets de fabrication, celui de la famille Simou est exquis, d’une douceur infinie. Au matin, confiture d’oranges faite maison, omelette crémeuse à souhait que nous dégustons, admirant une vue à 180 degrés depuis notre terrasse. Thalasso Koufonisia regorge de petits détails qui font toute la différence: une céramique, une étoile de mer, tout ustensile utile à la cuisine, une climatisation rafraîchissante la nuit venue. Chaque objet raconte une histoire que l’on se plaît à imaginer. On y dort à poings fermés. Et au réveil, toujours cette impression d’immensité, d’avoir une chance incroyable de témoigner d’autant de beauté sauvage. Seul le bruit des vagues et du vent viennent rythmer cette retraite. 3 autres habitations sont disponibles à la location: la maison indépendante Antikeri, l’appartement Glaronissi meublé de lits en bois de noyer et enfin Keros, 150m2 planté dans un décor ethnique.

Mme (que nous rencontrerons le lendemain de notre arrivée) et M. Simou sont aux petits soins pour nous. Ils nous indiquent les sentiers menant aux plages, les meilleures tavernes pour rassasier nos faims. Melissa et celle du Capitaine Nikolas dans le village de Chora furent à la hauteur de mes espérances. Traditionnelles, savoureuses, privilégiant les produits locaux, service attentif, pastèque offerte. Comptez 15 euros par personne.
En plein mois de juillet, les touristes sont présents. Mais de qualité. Entre français et italiens, rien ne déroge pourtant à cet esprit grec qui règne sur l’île.
Si vous n’aimez point marcher, ni pédaler, des bateaux vous emmènent de plages en plages à horaire régulier. Puis-je cependant vous conseiller de vous perdre dans la garrigue hellénique, saluez les ânes et les chèvres…
À Koufonissia, on y va pour s’évader et ne point s’expliquer (contrairement à Arthur Rimbaud). Et j’ai toujours pensé que mon pays d’origine avait des pouvoirs guérisseurs. Koufonissia en est un bel exemple…

PS: ne partez pas sans une halte au bar Kalamia

Dès 70€ la nuit
Réservation en ligne (ci-dessous)

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