Une rose et un balai

Une rose et un balai

Flânant inlassablement dans une librairie la semaine passée, mes yeux se sont arrêtés sur un ouvrage aux feuillages distincts: orange fluo. La couleur du cantonnier, du nettoyeur de chaussées aux écologiques pensées, du concierge de quartier, de l’hygiéniste du trottoir tirant derrière lui son char, du technicien de surface qui brique la place.
Un travail solitaire, mais pas isolé, où il faut bien s’entendre avec soi-même, qui autorise la méditation, pourquoi pas le rêve, à ne pas confondre avec la distraction ou l’étourderie qui peuvent alors vous mener dans la lune, même si là-haut il n’y a rien à balayer“, voilà les mots qu’utilise Michel Simonet en parlant de son métier. Un métier qu’il pratique depuis près de trente ans, la tête haute, même les jours de pluie ou de vent.

Une rose gracieusement offerte par le fleuriste du coin, accrochée à son char chaque matin, comme un drapeau fièrement hissé, fait de lui un cantonnier particulier.
Tête libre et bras occupés lui vont mieux que l’inverse, dit-il. Rues et places sont sa salle de fitness, son solarium dans les beaux jours. Il “chante comme la cigale en y oeuvrant comme la fourmi“, et je me plais à le croire.

Il conte merveilleusement les détails et anecdotes qui font la joie d’un métier de plein air, où chaque jour à son taux d’imprévisibilité devant un même décor: à l’aube, des ruelles jonchées de mégots de cigarettes et de canettes de bières abandonnées tragiquement par terre, des poubelles qui “dégueulent”, mais aussi des rencontres sous le soleil ardent d’un après-midi estival qui réchauffent le corps et le coeur.

Voici un pluri-métier comme j’ai envie de l’appeler:
Il devient photographe le temps d’une prise, bagagiste quand une personne demande de l’aide pour monter ses valises dans le train, employé à l’office du tourisme lorsqu’il doit renseigner et orienter les visiteurs, éducateur, pré-ambulancier, lampiste quand on lui demande d’enlever les toiles d’araignées des lampadaires…Mais surtout jardinier de sa rose et ambassadeur de sa ville.
Quant à ses débuts, une connaissance s’arrêtait pour lui dire: “Mais qu’est ce que tu fous, finir cantonnier, je ne comprends pas, t’avais pourtant de bonnes notes, t’étais doué!“, sa réponse était simple: je n’ai pas fini cantonnier, j’ai commencé.

Michel jongle avec les mots comme avec ses outils, tout en faisant preuve d’une connaissance de la langue française, de la poésie et de la connaissance de soi aiguisées.
Et pour connaître l’histoire de la rose, il faut lire ces 128 pages de proses!

“Une rose et un balai”, Michel Simonet
Editions Faim de siècle
Prix: 20.-
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