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Oxmo(se) au salon du livre

Il y a des matins comme ça, on l’on se réveille pour rencontrer un Roi sans carrosse au Salon du Livre genevois, invité sur la scène Apostrophe, en tête-à-tête avec le journaliste Fred Valet et nous…. Les Yeux Dans Les Cieux, ses Visions de vie dans mon iPod, Oxmo Puccino est en quelque sorte mon Soleil du Nord.
Arrivé sur Terre malienne, il grandit en écoutant le bruit de la pluie sur le bitume, mais aussi la radio, le funk et la musique africaine. Epargnez moi le stéréotype du jeune paumé des banlieues: bac en poche, il se cherche c’est certain, ne trouve rien d’intéressant à la fac et se lance alors dans la musique. Ce n’est pas un Conte de fée, mais ce n’est pas non plus la vie des Ghettos du monde. Sa jeunesse, il la passe auprès de la Comtesse de Ségur mais aussi de Radio Nova, MTV rap, IAM ou encore NTM qui vont façonner sa vision du hip-hop. La lettre, tant de choses à dire, prend une signification dès ses débuts de prose: la relève est assurée en France, surtout lorsqu’on écoute L’Amour est Mort. C’est avec cet album que je me suis inclinée devant son talent et sa maturation alors qu’il est âgée d’à peine 25 ans: Le Monde ne doit sa peine qu’à une cause, Le globe roulé sur lui-même, Les meilleurs partent les premiers….
Et depuis, j’épie ses moindres tweets, non pas pour lui répondre (car #sachezle, il ne lit jamais les commentaires de ces flowers) mais pour toucher du bout des yeux un homme de lettres. Il nous dit tout en #140 caractères piles mais surtout ce qu’il pense de « ce monde à refaire tous les jours ». Alors qu’il tweete, puis oublie – instantanément et de manière totalement spontanée – ce fut un tout autre exercice que de compiler ses phrases et les imprimer sur un livre: il confesse que derrière cette démarche se cache une envie de toujours toucher un autre public et de transmission. Matérialiser des mots virtuels sur du papier qui avec le temps vieilliront tout comme son auteur et peut-être lui survivront: l’éternité.

Il y a des matins comme ça, on l’on se réveille pour rencontrer un Roi sans carrosse, au Salon du Livre genevois, qui pulvérise les généralités sans pourquoi, ni parce que: selon lui, les réseaux sociaux et autres moyens de communication instantanée (sms, etc.) n’ont fait que révéler certaine tare du système éducatif: la jeunesse ayant trouvé un moyen de s’exprimer à grande échelle, le sms ou autre tweet lève le voile sur les lacunes orthographiques et au lieu de les montrer du doigt, Oxmo Puccino préfère la prise de conscience.
Rien n’est calculé: ses tweets ne sont jamais prémédités, il vit l’instant présent et au détour d’une conversation se dit « tiens, cela se tweete ». Il s’impose alors la discipline de résumer un sentiment, un message en 140 caractères et de l’envoyer. Les 200 et quelques milles receveurs de ce message, il n’en a pas conscience: c’est un chiffre qui le dépasse et sur lequel il ne s’attarde pas. Drogué du tweet? Absolument pas. Depuis plus d’un mois, il ne possède d’ailleurs plus de connexion internet chez lui, cette « laisse électronique » comme il le dit si bien afin de se retrouver face à lui-même et reconnait vivre dans une société où le culte de l’égo est à son paroxysme. Lui cherche à laisser une trace dans une vie qui ne lui appartient pas. « Nous n’existons qu’à travers les autres » nous dit-il, tout comme le mot qui ne prend son importance qu’une fois qu’il est partagé.

Je ne peux néanmoins conclure cette chronique spéciale Salon du Livre 2014 sans partager comme j’en ai l’habitude mes coups de coeur, de manière succincte car j’en ai déjà trop « écrit » (et qu’Oxomo Puccino m’a appris à aller droit à l’essentiel): Tatiana de Rosnay et Son Carnet Rouge (Editions Héloïse d’Ormesson) pour des histoires brûlantes à l’aube de l’été; L’Argent, sa vie, sa mort de Jean-Claude Carrière (éditions Odile Jacob) que tout genevois devrait lire soit dit-en passant; L’ablation ou la vie des hommes racontée par (le bouleversant) Tahar Ben Jelloun et puisque le Japon fut à l’honneur, je me dois de souligner Une vie de chat de la mangaka Kanata Konami et la femme de l’année selon Vogue Japan Mieko Kawakami, romancière mais surtout poète qui s’adonne à la chanson avant de publier ses textes sur son blog en dialecte d’Ôsaka.
365 jours avant le prochain Salon, cela mérite une chanson…

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