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Point. A la ligne.

Ici, le temps s’arrête avec légèreté car mon ami le livre m’a dit qu’un cancre peut devenir professeur, qu’un Fakir s’est coincé dans une armoire Ikea, que les poissons ne connaissent pas l’adultère, qu’être riche est une drôle de sociologie et que le métier de serrurier permet d’ouvrir toutes sortes de portes, dont celles du coeur.

Chagrin d’école, Daniel Pennac. Editions Gallimard. L’histoire autobiographique d’un cancre devenu professeur. Derrière des mots qui font rire se cachent la souffrance de ne pas comprendre, une remise en cause d’un système éducatif mais surtout, et cela n’engage que nous, une revanche envers tous ces mauvais profs que nous avons connu. Ceux qui nous ont collé injustement, ceux qui nous ont ennuyé (injustement!), ceux qui nous ont jugé et prédit un avenir catastrophique alors que nous n’étions que des enfants ou des adolescents, et eux, tout simplement de mauvais profs. « Une bonne classe, ce n’est pas un régiment qui marche au pas, c’est un orchestre qui travaille la même symphonie. Et si vous avez hérité du petit triangle qui ne sait faire que ting ting, ou de la guimbarde qui ne fait que bloïng bloïng, le tout est qu’ils le fassent au bon moment, le mieux possible, qu’ils deviennent un excellent triangle, une irréprochable guimbarde, et qu’ils soient fiers de la qualité que leur contribution confère à l’ensemble. Comme le goût de l’harmonie les fait tous progresser, le petit triangle finira lui aussi par connaître la musique, peut-être pas aussi brillamment que le premier violon, mais il connaîtra la même musique. »

Les poissons ne connaissent pas l’adultère, Carl Aderhold. Editions Le Livre de Poche. Si parmi vos amis, vous comptez les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancol, alors ces poissons là seront vos nouveaux animaux de compagnie. Il nous a servi d’entremet, le jour du festin de Noël et nous a fait totalement oublié la pluie diluvienne de Genève. Dégusté en quelques heures à peine, à bord d’un TGV en partance de Paris pour Toulouse, nous avons rencontré un nombre incalculable de bras cassés dans un scénario à rebondissement qui se finit en happy ending. De la légèreté en ce début d’année!

Le serrurier volant, Tonino Benacquista et Jacques Tardi. Editions Estuaire. A mi chemin entre le roman et la bande-dessinée, il suffit de savoir comment ce livre à quatre mains a été conçu pour être convaincu de le lire: en l’espace de quelques heures seulement, les deux auteurs – Benacquista et Tardi – se sont mutuellement choisis pour aboutir ce projet.  Court métrage de mots et de dessins relatant l’histoire de Marc, qui semble banale, jusqu’au jour où ce convoyeur de fonds échappe de justesse à un guet-apens. Il décide de devenir serrurier, métier sans prise de risque apparente…. Un apéritif (ou digestif) de fête, avalé cul-sec.

Riche, pourquoi pas toi? Marion Montaigne. Editions Dargaud. Sous forme de bande-dessinée, la blogueuse adapte avec brio le travail d’un couple de sociologues – Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot – sur les riches. S’il existe un seuil de pauvreté, celui de la richesse n’est pas officiellement défini, même si François Hollande l’a décrété à 4’000 euro par mois (chiffre inférieur au salaire moyen suisse selon l’OFS). Chez les riches, il y a les self-made man comme Xavier qui s’est lancé dans le minitel rose (3675 Nénés) puis investit dans les peep-show et les sex shop avant de rêver d’offrir à chaque homme la possibilité de voir des femmes nues depuis chez eux: Free est né quelques mois plus tard et Xavier est à présent la 10ème fortune en France. Il y a aussi les ultra riches ou les toujours plus riches que soi. Clichés? Pas du tout, plein de bon sens et de drôlerie. A découvrir surtout si on habite à Genève (rires).

L’extraordinaire voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, Romain Puértolas. Editions Le Dilettante. Ajatashatru Lavash, « prononcez J’attache ta charrue, la vache » ou de ce son unique prénom Ajatashatru « prononcez Achète un chat roux » ou encore « J’ai un tas de shorts à trous » est Fakir, cousin de Sihring « prononcez Seringue, ou The Ring pour les plus anglophiles » et de Rhibbasmati « prononcez Riz basmati« . Il habite Kishanyogoor « prononcez Quiche au yoghourt » et on le surnomme parfois Aja « prononcez À jeun« . Il décide de se rendre en France pour acheter son outil de travail: un lit Ikea à clou. L’anti-héros loufoque de Puértolas est tout aussi extraordinaire que les gentlemen de Kevin O’Neill. Plutôt qu’un roman, l’auteur nous livre ici une fable qui sous ses airs rocambolesques invite le lecteur à réfléchir sur le sort des clandestins et la toute puissance capitaliste d’une entreprise de meubles bon marché: un essai satyrique réussit et une première oeuvre qui annonce avec brio les prochaines que nous attendons.

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