Rien à foutre

Rien à foutre

Dans mon unique bagage à main, une pléthore de livres puisque je pars en vacances… parmi eux, un livre offert par un proche ami: Rien à foutre, L’ultime voie spirituelle par John C. Parkin. Je pense à une boutade et entre nous, j’adore les boutades.

Chapitre I, seule au bord d’une plage quasi déserte sur l’île de Kythnos en Grèce:
“Un avant goût: dites Rien à foutre de quelque chose tout de suite.
Quand vous dites Rien à foutre, vous relâchez votre emprise sur quelque chose, d’ordinaire quelque chose qui vous fait souffrir.”
Je réfléchis, longuement… Je regarde l’horizon dans ce pays où je suis né (et dont je n’en ai absolument PAS rien à foutre), l’immensité, la multitude de bleus de la mer Egée, la nature sauvage me subjuguent et rien ne vient. Je réalise qu’il y a tant de choses auxquelles j’attache une Big importance. Ma famille, mon frère en particulier, mes amis, ma carrière professionnelle, mon poids, ma morphologie, l’avis des autres, le regard des autres, l’avenir de la planète, mes clients…
Je continue, page 6:
“”Foutre” est vraiment un mot merveilleux. Il est merveilleux parce qu’il exprime de façon triviale le fait de faire l’amour, ce qui est déjà en soi une source d’amusement, parce que sa définition s’est élargie. “Va te faire foutre” veut dire en faire “Va et fais l’amour”, ce qui n’est pas vraiment une insulte, mais une bonne suggestion. “Je t’en fous” veut dire en fait “Faisons l’amour toi et moi”, ce qui n’est certainement pas une insulte, mais une invitation. “Quel foutoir!” veut dire en fait “Quelle baise formidable” ce qui n’est pas une pensée qu’on refuse dans un moment de frustration.
L’auteur explique ensuite comment ce mot dans les années 1980-90 s’est vu attribuer d’autres interprétations, la plupart devenues choquantes. Et moi, je pense à faire l’amour sur cette plage déserte avec un Apollon…

Au fil de mes vacances, chapitre après chapitre, je débarque sur l’île de Koufonissia à la page 219:
“C’était bon pour moi.
Oui, merci beaucoup. Cette expérience intime avec vous tire à sa fin. Mais, j’y ai pris plaisir. C’était bon pour moi. Et c’est à peu près tout ce qui compte, à vrai dire “même si mon éditeur n’est pas du même avis, bien entendu. À vrai dire, lorsque nous faisons ce qui nous tente (à l’exception des activités du genre meurtres en série), non seulement nous nous faisons plaisir, mais nous faisons aussi plaisir aux autres. (…) C’est ça, l’essence du Rien à foutre. Cracher à la face des obligations, des attentes, des règlements et des règles. Dire Rien à foutre et suivre sa propre voie. Donc, je vous en conjure, fermez (bientôt) ce livre et suivez votre propre voie.”

L’existence précède l’essence écrivait Sartre. Dans Rien à foutre, il apparaît une ré-interprétation de l’existentialisme, avec un sens de l’humour, je dois l’avouer très efficace: nous naissons sans but ni valeurs prédéfinies. Nous sommes libres… je suis libre. Et cela fait peur. Et j’en ai Rien à foutre.

PS: merci A.G. pour ce beau cadeau… je sais, tu n’en as Rien à foutre. Mais je t’aime bien quand même.

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