Venezia bella

Venezia bella

En quête d’un week-end hors Genève? Je reviens de Venise après quelques décennies d’oubli. Dans ma mémoire, il y avait beaucoup de pigeons et des touristes. Il me semble que la tendance s’est inversée…Alors si comme moi vous êtes allergiques aux selfie sticks, suivez le guide, toutes les voies ne mènent pas à la place Saint-Marc.
Il reste des ruelles plus calmes et moins envahies. Vous trouverez votre bonheur à Cannareggio. Peut-être trouverez vous même une chambre dans un couvent, comme le We_Crociferi, à la fois hôtel et campus, le café y est délicieux et les concerts, dj-sets ou séances de cinéma animent la cour certains soirs.
Pour ma part j’ai élu le sud-ouest de l’île, Dorsoduro comme zone d’exploration. Mais mon nid douillet restera un secret bien gardé pour quelques initiés.
La Biennale bat son plein jusqu’en novembre, les palais, ouverts au public pour de nombreuses expositions, sont des havres de fraîcheur enrichi d’art contemporain.
J’ai retenu le Palazzo Contarini Polignac avec deux espaces différents. Dans son sous-sol, au Maggazino, la française Claudine Drai, accompagnée d’un brodeur, Hubert Barrère, d’un poète, Olivier Kaeppelin, et d’un chef étoilé, Guy Martin, présente “Le Lien des mondes”. Une pièce où des anges en papier de soie se mélangent aux mots, aux costumes et à des œuvres comestibles. Magie assurée.
Plus haut, par une autre entrée, les lauréats du Future Generation Art Prize 2017 sont exposés. Les questions posées par Kameelah Janan Rasheed (Are we there yet ?) vous impactent systématiquement. A voir aussi les milliers de boîtes à chaussures d’Ibrahim Mahama.
Quelques ruelles plus loin c’est le pavillon de Grenade qui héberge les sculptures sous-marines de Jason deCaires Taylor.
Si vous appréciez le travail de Mark Tobey, il est exposé au musée Peggy Guggenheim, mais armez-vous de courage, le lieu est quelque peu envahi.
Continuez en direction de la monumentale Basilique de Santa Maria della Salute qui héberge des œuvres du Titien, du Tintoret. C’est comme une délivrance de se retrouver aux milieux des pierres ancestrales et…fraîches.
Le deuxième jour départ en vaporetto, le voyage aux jardins de la Biennale ne devient agréable qu’une fois la place Saint-Marc dépassée. Un pass de 24h vous permet d’aller découvrir pêle-mêle: l’incroyable pavillon russe avec l’artiste Grisha Bruskin; un geyser de Geoffrey Farmer dans le pavillon canadien transformé: cloisons et toit ouverts pour permettre à l’eau, qui apparaît de manière très surprenante au bout d’une planche, en ricochet depuis le haut…, de vous gicler ; coup de cœur chez les japonais, avec le travail méticuleux et onirique de Takahiro Iwasaki, “reflection model (perfect bliss)”, comme un temple flottant dans les airs.
Après plusieurs pavillons, laissez-vous tenter par une escapade en vaporetto, en direction de Fondamente Nove, première halte sur le chemin de Burano, l’île colorée à 30 minutes de Venise. Le soir, vers 20h, un dernier wagon de touristes débarqué, partez sur un bateau à moitié rempli, avec une légère brume et des lumières dorées. Sur l’île le premier restaurant ferme déjà, mais plus loin au cœur de l’île, à la Trattoria da Romano, où sont passés De Niro, Kubrick ou autre Hemingway, régalez-vous de poissons, de risotto ou d’un incroyable dessert (gâteaux meringués en vue). Avant de partir, passage obligé par le couloir des toilettes, véritable sanctuaire du souvenirs des célébrités rencontrées.

Alors faites de doux rêves et réservez vite votre billet d’avion, c’est si proche et même si la ville est plutôt chère pour l’Italie, le voyage ne l’est pas!

 

CLOSE
CLOSE