Constantin Pilavios

Constantin Pilavios est né en Grèce en 1984, d’une mère française et d’un père grec producteur pour la télévision. La caméra est une extension de lui-même dès son plus jeune âge. Il accomplit ses études cinématographiques à la Brockwood Park School au Royaume-Uni avant de réaliser à l’âge de 18 ans son premier court métrage: The Monkey’s Paw (2002).

En 2007, il réalise What is that? (Τι είναι αυτό;) qu’il publie sur Youtube en 2008; la vidéo obtient plus de 4.9 millions de vues.

Sa carrière est lancée. 

À 37 ans, Constantin a réalisé plus de 13 court-métrages ainsi que de nombreux documentaires et spots publicitaires.
C’est un artiste de l’image et du temps qui passe. 

 

  • Te souviens-tu de ton premier film ? 

En fait, oui, mais avant de faire mon premier court métrage, j’ai fait beaucoup de tentatives avec des amis d’enfance pour faire des films à la maison. Je pense que ma première tentative était un film assez long dont je me souviens même d’avoir écrit le scénario avec mon ami Nikos. Nous avons commencé à faire le film mais ma petite caméra s’est retrouvée dans la mer et a cessé de fonctionner.
Pour en revenir à mon premier court métrage, je l’ai réalisé en 1999 alors que j’étais à l’école en Angleterre. Ce fut une expérience formidable;  il s’appelle A Staff’s Nightmare

  • Être un réalisateur à Athènes pendant une pandémie, cela se passe comment?

Pour être honnête, je suis chanceux de pouvoir travailler à plein temps et la pandémie n’a pas changé grand chose.
La seule différence pourrait être que la plupart des pré-productions se déroulent dans le cadre d’une vidéoconférence effectuée à domicile. Mais, la plupart de mes collègues ont vraiment eu du mal au cours des 4 premiers mois du lockdown ici en Grèce. Il n’y avait pas de lois concernant la production de films donc nous ne savions pas vraiment ce qu’il se passait. Non pas que nous le sachions à présent mais certains d’entre nous ont accepté cette incertitude.
Aujourd’hui, la plupart de mes collègues filment des pièces de théâtre, qui n’ont d’autre moyen que la vidéo pour atteindre leur public. De nombreuses productions étrangères sont actuellement produites en Grèce en ce moment et le gouvernement tente (mal) de soutenir les artisans. Les acteurs et les interprètes en général sont ceux qui subissent le plus cette pandémie.

  • Ton dernier projet – Those Who Are  (Ceux Qui Sont) – est une série sur les personnes qui te sont proches. Est-ce un hommage?

J’ai débuté cette série en décembre 2017 lorsque j’ai suivi mon ami George à Amsterdam et Anvers. Lorsque ma fiancée et moi-même sommes allés à Istanbul en novembre 2019 pour la deuxième fois, au lieu de prendre des photos, j’ai choisi de tourner une vidéo. Puis l’idée de lui donner un titre similaire a permis de donner naissance à une sorte de série. J’avais beaucoup d’idées pour suivre d’autres personnes, comme des coursiers, des chefs, etc., mais la pandémie a mis ces plans en attente. 

Donc, cela a commencé comme un hommage aux gens que j’aime, et c’est en quelque sorte devenu un hommage aux gens qui … sont.

ep1 The Boy Who Lives Under The Sea (2018) from Constantin Pilavios on Vimeo.

  • Qu’est-ce qui inspire ta créativité? 

Je puise l’essentiel de mon inspiration dans des histoires qui impliquent des personnes et leur coexistence. J’ai commencé par des histoires sur les familles et maintenant je pense qu’il est temps de passer aux histoires sur la vie des humains. Je ne peux pas vraiment dire que je suis inspiré par d’autres réalisateurs ou producteurs, mais je suis jaloux, dans le bon sens, quand ils créent des films incroyables.

  • Comment fait-on pour réaliser une vidéo aux 4.9mio de vues ? 

C’est une drôle d’histoire en fait … Je n’ai jamais voulu faire de film pour recevoir des vues. Je voulais juste raconter une histoire sur un père et son fils. Je ne pense pas qu’il existe une recette pour les vues. Les opinions n’ont pas d’importance. Vous pourriez faire une vidéo sur un chat chevauchant un aspirateur robot habillé en requin, avoir des millions de vues, offrir des millions de rires, mais à quoi cela sert-il? Comment cela amène-t-il le changement?

Si l’on crée quelque chose qui fait surface de son intérieur, qui est vu par 10 personnes et qui parle à l’intérieur d’une seule personne, qui les fait changer ou évoluer, je pense que cela vaut plus qu’un million de vues.