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Le Nouveau Cycle

« Merci d’oser braver le beau temps pour venir vous installer dans une salle obscure afin de découvrir mon film de diplôme » Frédéric Favre annonce la seconde projection mondiale de son film Cyclique. C’est un mois d’avril ensoleillé, d’une douceur estivale rare. Nous sommes à Vision du Réel, la grande messe du film documentaire, et la salle est comble. A cet instant, je sens mon coeur sourire car j’ai conscience du chemin parcouru par le réalisateur qu’il m’a été donné de côtoyer lors de mes études (ECAL / HEAD) et dont je constate l’accomplissement actuel.

L’histoire est belle. Valaisan de souche, ce professeur passionné de cinéma explore dans un premier temps le medium en assistant Daniel Schweizer en marge de ses activités. Nommé stagiaire sur le projet White Terror, documentaire prenant pour cible une certaine communauté fasciste d’Amérique, l’exercice n’est pas sans risque: les enveloppes menaçantes contenant des douilles sur lesquelles le nom du réalisateur était inscrit furent légion. Que nenni, cela ne l’arrête pas, persuadé que ce médium serait le sien, il amorce sa reconversion cyclique et se décide revenir aux études, troquant son rôle de maître collégial pour revêtir l’habit de cinéaste disciple.

A la vue de son film, il s’en sort avec une élégance singulière. L’homme était beaucoup dans sa tête à l’orée de ses études, il en tire finalement un film davantage raccordé à son corps. Ayant éludé les concepts trop lourds et qui demandent à avoir une bouteille toute particulière, il a recentré son film et en dégage quelque chose que seule sa personne pouvait accomplir. La légitimité d’une expérience a primé. Coursier lui-même pendant 8 ans, période qui lui a permis de totalement assimiler cette communauté, il remet le couvert, caméra flottante au poing, arpentant les rues vertigineuses de Lausanne afin de coller au plus près de trois de ses protagonistes. Il en dégage une fresque humaine sensible avec ses paradoxes, ses désires, ses rêves brisés, ses zones d’espoir: Caroline a terminé des études de journalisme et doit composer avec une pression sociale croissante face à sa situation et ses choix de vie encore flottants. Raphaël vit avec ses vélos, dort avec ses vélos, mange avec ses vélos. Bien qu’il adule son métier, il n’aime plus sa vie dont la saveur âcre lui donne le sentiment de perdre le sens de ce qu’il entreprend. Sous la caméra de Frédéric, il décide de donner une impulsion nouvelle à son existence. Matila est le symbole de la relève chez les cyclo messagers. L’idéal qu’il se faisait de ce milieu se heurte à la dureté de la profession et sa réalité paradoxale. Mais il bombe le torse et avance, sans faillir.

Au regard de ce documentaire d’une heure, on se dit que Prune Jaillet a fait un travail remarquable de montage en élaguant les quelques 150 / 200 heures de rush afin de capter l’essence de ces individus sans entrer dans une mécanique du récit redondante. Le film trouve également sa juste distance face à l’intimité de ses personnages: suffisamment intrusif pour entrer dans la chaire en dégager de la substance, tout en observant une note pudique bienveillante qui nous épargne le voyeurisme moribond. Une belle promesse de cinéma pour un réalisateur qui a réussi à convertir son film d’étude en quelque chose de plus autonome. Il bénéficie d’une sortie en salle ce mercredi et la pérennité de son affiche dépend grandement de ses résultats en première semaine. On vous invite tout naturellement à venir au Bio découvrir ces Bigs trajectoires dessinées avec la même sensibilité que la sublime affiche qui les annonce.

En salle dès le 29 avril au Cinéma Bio

Tous les soirs à 19h15

Rue Saint-Joseph 47, 1227 Carouge
Plein tarif: 16.50.-

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