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Focus Antoine d’Agata

C’est à travers le regard de la compagne de mon beau-frère, Danielle Arbid, que j’ai rencontré Antoine d’Agata pour la première fois. C’était en 2007, lors de l’avant-première du film Un Homme Perdu. Danielle avait choisi Melvil Poupaud pour interpréter le personnage de Thomas Koré, un photographe sur le chemin de la perdition, au coeur d’un Orient sensuel et mystique: une histoire largement inspirée par la vie d’Antoine d’Agata.
Je dois avouer que la présence de mon Père si pudique a rendu cette avant-première quelque peu difficile, surtout lors des passages d’étreintes convulsives et de corps-à-corps voraces. L’art d’Antoine d’Agata n’est pas abordable, encore moins sur grand écran: né à Marseille en 1961, le photographe en devenir est un anarchiste punk, fréquente les bordels et abuse de toutes sortes de drogues. Il étudie la photographie à New-York à l’International Center of Photography puis travaille au sein de Magnum Photos en tant que reporter. Il deviendra un artiste reconnu par la profession, obtiendra de nombreux prix dont le Prix Niepce à Paris en 2001.

La nuit, l’errance, la prostitution, la nudité, le sexe sont des thèmes récurrents dans son travail artistique mais la particularité du photographe est de prendre part à ses expériences alternatives afin d’impliquer le spectateur de ses oeuvres. Rien n’est jamais prémédité: il vit dans l’instant que cet instant soit rupture, acte sexuel ou déviance et nous force à nous interroger sur le monde dans lequel nous vivons. Je désapprouve ceux qui jugent son approche de voyeurisme: si j’admets qu’il n’est pas aisé de contempler ses corps de prostitués mis à nus dans tous les sens du terme, avec un esthétisme si brutal, Antoine d’Agata recherche l’abolition de toute distance avec son sujet. Il ne cherche pas à voir, mais à vivre: “le monde n’est pas fait de ce que nous voyons, mais de ce que nous sommes”. Il me semble que l’artiste en fait se cherche au sein d’une réalité imparfaite. C’est un choix, un choix de vie, un choix politique.
Parmi les trois films qu’il a réalisé, deux d’entre eux seront projetés au Spoutnik lors d’un Focus Antoine d’Agata du mercredi 18 au lundi 2 mars. Atlas (2013) et Aka Ana (2008) sont des carnets de voyages nocturnes où le photographe s’immisce dans la vie de son sujet, son sujet étant les prostituées, les femmes abusées, violées. Il leur donne la parole dans un “un compte rendu brut de mes transgressions, entre la forme et la matière, la parole et la chair, le regard et l’expérience. Une agonie lente sous le sceau de la conscience et de l’ironie. » L’art d’Antoine d’Agata n’est pas abordable et ce n’est pas le but, la vérité est ailleurs…

Du mercredi 18 février au lundi 2 mars 2015
Vernissage le samedi 21 février en présence de l’artiste
Rue de la Coulouvrenière 11, 1204 Genève
Interdit aux moins de 18 ans

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