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Il n’y a pas plus grand que le Kid

« Le 26 juillet 2010, mon frère m’a envoyé sa chronique musicale sur le concert de Prince au New Morning auquel il venait d’assister. Afin de rendre hommage à ces deux hommes, je me suis permise, sans son accord, de la partager ici. C’est comme si on y était. » Emilie Salvaridis. 

Prince au New Morning de Paris? Un gag récurrent… sauf qu’avec le bonhomme, ce n’est jamais un gag. Remember juin 87. Dans la nuit du 22 au 23 juillet 2010, 3h30 de show extatique pour 500 parisiens hallucinés! Nicolas Saada et RKK y étaient: tranches de nuit!
Prince au New Morning, Jason Salvaridis, My Big Geneva
Le buzz circule depuis mercredi 21, Prince va squatter le New Morning, il l’annonce sur son facebook! Les textos secouent la torpeur parisienne. C’est qu’un concert à Genève de sa tournée européenne s’est annulé, entre Arras et Nice. Et son nouvel album, « Future Soul Song », est sorti mercredi avec Le Courrier International. De l’actu, quoi! Christine Badier, la programmatrice du lieu, a négocié avec l’équipe de Prince, les portes du New Morning lui sont ouvertes. Il s’en souviendra…

Ce jeudi 22 juillet, une légende de la soul est à l’affiche, Booker T, oui, l’organiste des MG’s, l’accompagnateur d’Otis Redding, le producteur de Bill Withers. Dedans, c’est calme, presque intimiste, dehors, la queue s’étale rue des Petites Ecuries. Oui, depuis 17h, on fait la queue pour Prince, annoncé pour après (voire bien après) minuit, prix unique, 80 €. La rumeur enfle, Erikah Badu serait la muse du Prince après son concert du soir à l’Olympia.

Dedans, Booker T et ses MG’s renouvelés (sans Steve Cropper, le guitariste d’époque) enchaînent les tubes de la période Stax, « Hip Hug Her », « Green Onions ». Presque pépère. Dehors, ça enfle, ça gronde. Excitation maximum.

Fin du concert de Booker T, il est 23h30, on vide la salle, quelques malins tentent de se faire petits, sans succès. Changement de plateau, les techniciens se hâtent… lentement. Les heures passent, dans la rue, on pousse contre les portes closes, la foule s’oblige à hurler, sentant que l’issue est proche. Les artistes arrivent, les musiciens de Miss Badu, ceux de Prince (rythmique, 2 claviers, 2 choristes) et enfin Prince lui-même, l’air patelin…

2h passées, enfin, les portes s’ouvrent, tous ont les 80€ cash à la main. Les premiers (qui ont attendu plus de huit heures!) s’agglutinent devant la scène. Attente plus que récompensée. Par contre, une bonne centaine restera dehors. Dedans c’est le New Morning des grands jours, Eglal Fahri, celle qui depuis 29 ans tient la barre du New Morning, et qui, pour préserver ses 88 printemps, vient plus rarement au club, s’est déplacée ce soir. Elle trône sur un tabouret de bar, radieuse, une coupe à la main…

Prince apparaît en noir… quasi dans le noir (la scène demeurera très peu éclairée, sans doute pour éviter que le concert ne soit posté sur youtube le lendemain). Un instrumental, « Stratus », d’un bon quart d’heure en amuse gueule. Puis une voix féminine s’impose. Au top sur l’instant… Quand on est au fond, on est sûr que c’est « la » Badu. En fait, elle reste dans le public et ne tardera pas à s’éclipser, et c’est la choriste n° 1 de Prince, Shelby J, qui nous offre une version sulfureuse de « Brown skin » d’India Arie suivi du « I never loved a man the way I love you » d’Aretha Franklin, churchy à souhait. Et, un peu plus tard, elle revient pour un « Que sera », oui, la ballade fifties de Doris Day vitaminée par Sly & The Family Stone. Prince a la banane des grands jours, passe du piano à la guitare, voire la basse (il slappe en hommage à Larry Graham, récemment son guest à Arras).

Il est déjà 4h et on se dit que c’était un bien beau concert. Les reprises impeccables de Sly Stone (« Every Day People », « I Want To Take You Higher »), les gospels dignes d’une église du sud des Etats Unis, ça finit par “Controversy”. Quoique… on n’est pas au bout de nos surprises: Prince revient, une, deux, trois fois. Il passe de l’intimité d’un mini concert au piano à la folie d’un « Cream » archi funky. Sans parler d’un enchaînement virtuose entre le « Miss You » des Stones, et « Kiss ». Puis le medley « Please, Please, Please » + « How come you don’t call me anymore ».

Après une jam qui sonne comme un grand final, il réapparaît, pour un… sixième rappel! On reconnaît les premiers accords: « Purple Rain ». Mais il change le refrain en « New Morning », hommage de l’artiste à la salle qui a façonné sa légende de musicien hors pair, dépassant tous les cadres et tous les genres. Nous avons notre Duke…il s’appelle Prince. Son Cotton Club, c’est le New Morning. 23 ans après le mythique concert de la tournée « Sign of the times », ce n’est plus seulement le charme qui opère, mais l’évidence que cet artiste virtuose est ce que la musique nous a donné de plus beau, de plus novateur et de plus funky depuis trente ans.
23 juillet 2010, 6h05, il fait jour rue des Petites Ecuries. On est ahuri. Pour longtemps.

Prince au New Morning, Jason Salvaridis, My Big Geneva

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