15min avec Pantha du Prince

15min avec Pantha du Prince

Je suis certaine que vous avez entendu cette question plus d’une centaine de fois et d’avance, je m’en excuse, mais ma curiosité est bien trop forte: d’où vous vient ce surnom?
Vous savez, c’est juste un surnom, une image, une métaphore. Ces mots ne sont là que pour créer une atmosphère. Bien sûr que ces mots ont plusieurs significations mais si je devais vous les expliquer, j’aurai trop à dire. Par exemple, le nom de famille de ma Mère est Panthel, il y aussi la panthère, le mouvement Black Panther, la techno de Détroit…Il fait aussi référence à l’animal du prince. Ce surnom fait résonner tant de choses en moi qu’il m’est difficile d’en aborder tous les aspects. Il en va de même pour les titres de mes compositions. Disons que le surnom provoque une certaine résonance, que la signification des mots ont un sens et tout cela a créé une image particulière, teintée d’humour et de dérision.”

Lors de la conférence de presse du festival Présences Electroniques Genève 2015, voici les premiers mots que j’ai échangé avec l’une des têtes d’affiche de cette 5ème édition: Pantha du Prince, alias Hendrik Weber. J’ai découvert sa musique en 2010 lors de la sortie de son album Black Noise qui a fait beaucoup de “noise” dans ma tête, entre house minimale et techno ambient…

Cet album a été enregistré dans nos Alpes suisses et je lui demande donc de me raconter sa conception: 
J’entretiens une relation très profonde avec les montagnes depuis mon enfance. J’ai donc toujours su qu’un jour, j’irai à nouveau à leurs rencontres et je vivrai quelque chose d’extraordinaire. L’occasion s’est présentée lorsqu’un ami m’a fait part de cet endroit isolé, lieu où il se rend pour composer et se confronter à la solitude. Il m’a montré des photos et m’a invité à le rejoindre deux semaines au mois de janvier. 
Vous savez, j’ai grandi dans une forêt… je me suis toujours promené dans la nature, explorant la faune animale. Ce sont mes racines qui forcément sont aussi mes inspirations. 
A mon arrivée, la musique était déjà présente, dans la nature et j’ai senti cette connection. J’ai trouvé dans les Alpes suisses des sons que j’ai enregistré sur un terrain de glissement à proximité de la maison. Je n’ai fait que suivre ensuite mon intuition. Nous avions le temps de créer, d’’être face à nous-même, sans téléphone portable, sans internet. La bâtisse datait du 19ème siècle et les paysages ne sont pas ceux des stations de ski. La nature peut être violente, teintée de noirceur. Ce n’est pas un environnement confortable.”

Vous avez besoin de vous mettre dans cette situation pour créer?
Non, la création est la catharsis. Mais je n’ai pas besoin d’une telle situation pour créer. Les idées sont toujours là, elles ne cessent de venir. C’est un processus constant d’éveil et de création. Pour le nouvel album, il n’y a plus cette connection avec la nature, le son est beaucoup plus électronique. Je viens de le terminer et je pense qu’il est beaucoup plus dansant.”

Allez-vous jouer quelques morceaux de ce nouvel album pendant Présences Electroniques Genève?
Oui, je pense que oui. J’ai préparé deux trois morceaux…” Donc PEG2015 aura le droit à cette exclusivité et nous aussi!

Pendant la conférence de presse, Pantha du Prince n’a pas montré de craintes particulières à s’emparer de l’Acousmonium. Rien de surprenant à cela: son dernier album a été concocté avec le laboratoire Bell à Berlin. Créer la musique en tant qu’environnement est une coutume dans ses compositions.

Avant de le retrouver au PEG2015, je lui pose une dernière question:
Que répondez-vous aux personnes qui croient qu’un DJ est sensé amuser la galerie et essentiellement faire danser les gens?
Je pense que pour un DJ, c’est en effet le cas. Mais je ne me considère pas comme un DJ. Je suis un artiste du son. La culture DJ est différente. J’ai été DJ et je continue à prendre du plaisir lorsque je mixe mais c’est une manière très différente de vivre et d’aborder la musique. Le rôle d’un DJ consiste à se connecter aux autres, à collecter, rechercher la musique d’autres personnes, composer des archives. Ce n’est absolument pas ce que je fais. Je possède mes propres archives, ma propre musique. Ce n’est pas pour autant que je n’aime pas faire danser les gens. Mais ce qui me dérange dans la techno et la culture de DJ c’est que j’ai l’impression que la musique n’est qu’un décor à la consommation de drogues qui permet de s’évader. Ce que moi j’essaye de faire, c’est d’amener les gens vers l’évasion, sans prise de drogues, simplement avec ma musique.”

Sur ce, je n’ai strictement rien à rajouter; si ce n’est rendez-vous en live dès le 26 novembre.

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