Librairie Bernard Letu

Librairie Bernard Letu

En ce début d’automne, l’artiste Alyâa Kamel me dit à la pause déjeuner: “viens, j’aimerai te présenter mon mentor littéraire”. Et c’est ainsi que j’ai fait la rencontre extraordinaire de Bernard Letu.
Au fil des années, sa librairie est devenue le repère de l’intelligentsia genevoise et grâce à l’ère du web, ce qu’il nomme ses “petites oeuvres d’art portables” en référence aux livres se vendent dans les quatre coins du monde. Parmi ses fidèles clients, le MoMA, l’université d’Indianapolis, le musée de Limoges mais il prône aussi le local en travaillant pour le compte de notre bibliothèque municipale, celle de Genève et la BAA. Sa spécialité? Le livre de photographie et des arts appliqués tels que les bijoux, les textiles, le verre, la céramique, l’horlogerie, les costumes, l’architecture ainsi que les arts extra-européens (Chine, Japon, Afrique, etc.). L’introuvable, le tirage limité, l’exclusivité (l’éditeur Ertug-Kocabiyik pour ne citer que lui) se trouvent forcément dans sa collection qui compte aujourd’hui plus de 9’000 livres (répartis au sein de sa librairie et dans 3 dépôts si vous voulez tout savoir).
Ni google, ni aucune tablette digitale ne pourrait rivaliser avec son expérience, mais d’ailleurs comment devient-on libraire?
Bernard Letu est parisien avant de devenir genevois; déjà étudiant, il publie un journal tout en peaufinant des études de langues étrangères et de droit. Il exercera dans le milieu de la finance pendant 13 ans avant de décider, alors qu’il occupe un poste à Bâle, d’enfin faire ce qui lui plaît. Et ce qui lui plaît en 1973, ce sont les gravures surréalistes et fantastiques. Il s’installe en tant que galeriste à la rue St Léger où il fait la rencontre de l’artiste Dominique Appia et éditera son premier livre, suivi d’une dizaine d’autres. Petit à petit, les oeuvres d’art disparaissent et le livre d’art emplit tout son espace.
Molière a son théâtre; Bernard Letu, sa librairie. Chaque recoin de cet éden littéraire recèle un trésor, il suffit d’ouvrir la porte. Amazon n’a qu’à bien se tenir car les conseils et le savoir du libraire sont irremplaçables. N’hésitez pas à lui poser une colle; la recherche de la rareté, c’est ce qu’il préfère.

PS: à voir absolument, la section lascive, car figurez-vous qu’il n’y a pas que l’année 1969 qui fut érotique…

Rue Calvin 2, 1204 Genève
Mar au ven 11h30-18h30; sam 11h-17h
+41223104757

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